Le vent hurle, une tempête de neige s'abat sur le Camp 2, balayant tout sur son passage. À 6400 mètres d'altitude, la survie est une lutte constante. Ce récit plonge au cœur de l'ascension de l'Everest, pour révéler les défis et les dangers du Camp 2, un jalon crucial sur la route vers le toit du monde.
Situé sur le versant sud, sur le dangereux glacier du Khumbu, le Camp 2 de l'Everest est un lieu stratégique, mais aussi un point de passage extrêmement périlleux. Comprendre ses conditions uniques est essentiel pour toute ascension réussie.
Conditions extrêmes au camp 2 de l'everest
L'environnement hostile du Camp 2 met à l'épreuve la résistance physique et mentale, même des alpinistes les plus expérimentés.
L'hypoxie et ses conséquences à haute altitude
À 6400 mètres, la pression partielle d'oxygène est considérablement réduite. L'hypoxie, ou manque d'oxygène, engendre une fatigue extrême, des maux de tête intenses, et peut mener à des complications graves comme l'œdème pulmonaire de haute altitude (HAPE) et l'œdème cérébral de haute altitude (HACE), potentiellement mortels. La saturation en oxygène dans le sang peut chuter jusqu'à 70%, comparé à 98% au niveau de la mer. L'acclimatation progressive est cruciale pour minimiser ces risques.
Températures glaciales et vents dévastateurs
Les températures moyennes au Camp 2 oscillent autour de -20°C, mais le facteur vent joue un rôle majeur. Des rafales pouvant atteindre 80 km/h, voire plus, sont fréquentes, provoquant une sensation de froid extrême (facteur vent) et augmentant le risque d'hypothermie. L'équipement doit être parfaitement adapté et entretenu pour résister à ces conditions extrêmes. La vitesse du vent peut facilement dépasser 100 km/h pendant les tempêtes.
Rayonnement UV intensifié
L'intensité du rayonnement ultraviolet est beaucoup plus forte à haute altitude. L'exposition prolongée sans protection appropriée augmente considérablement le risque de coups de soleil sévères et de dommages oculaires. L'utilisation d'une crème solaire à indice de protection élevé (SPF 50+), de lunettes de soleil et d'un chapeau est impérative.
Les dangers spécifiques du camp 2 : avalanche, chutes de roches et crevasses
Le glacier du Khumbu, sur lequel est installé le Camp 2, est une zone particulièrement instable. Les avalanches sont un danger permanent, surtout sur les pentes abruptes. Les chutes de roches et la rupture de séracs (masses de glace instables) sont également fréquentes, rendant la zone extrêmement dangereuse. Les alpinistes doivent être vigilants et suivre les itinéraires balisés pour minimiser les risques. Le glacier est parsemé de crevasses cachées sous la neige, constituant un piège mortel.
- Le risque d'avalanche est particulièrement élevé après de fortes chutes de neige ou des changements brusques de température.
- Les chutes de pierres peuvent être provoquées par le passage d'autres alpinistes ou par des changements de température.
- La présence de crevasses nécessite l’utilisation de cordes et de techniques d’assurage appropriées.
Aspects logistiques et vie quotidienne au camp 2
L'installation et la maintenance du Camp 2, ainsi que la vie quotidienne des alpinistes, sont des opérations complexes qui nécessitent une organisation sans faille.
Logistique d'un camp à 6400 mètres d'altitude
L'acheminement du matériel et de l'oxygène jusqu'au Camp 2 est un défi majeur. Les Sherpas, guides de montagne expérimentés, jouent un rôle crucial, transportant des charges pouvant atteindre 40 kg sur leurs épaules. Le transport d'une seule bouteille d'oxygène nécessite souvent plusieurs voyages. L'installation des tentes, spécialement conçues pour résister aux conditions extrêmes, est une tâche ardue. L’équipe d’alpinistes doit construire une plate-forme stable pour les ancrer au sol gelé. La gestion des déchets est un problème environnemental majeur, nécessitant des efforts de recyclage et d'évacuation en contrebas.
La vie au camp 2 : alimentation, hydratation et repos
L'alimentation doit être riche en calories pour compenser les dépenses énergétiques accrues par l'altitude et l'activité physique intense. Les alpinistes consomment souvent plus de 5000 calories par jour, privilégiant les aliments énergétiques, secs et faciles à préparer. L'hydratation est essentielle, mais la gestion de l'eau est un challenge majeur. L'eau de fonte des glaces doit être traitée pour éviter les maladies. Le repos et le sommeil sont vitaux pour l'acclimatation, mais le vent, le froid, et l'altitude rendent le sommeil difficile. Une bonne gestion du sommeil améliore la performance et la sécurité des alpinistes.
- Un alpiniste peut consommer jusqu'à 6 litres d'eau par jour au Camp 2.
- Les aliments riches en glucides et en lipides sont privilégiés pour l’énergie.
- Le manque de sommeil augmente considérablement le risque de MAM.
Impact de l'altitude extrême sur le corps humain et acclimatation
L'adaptation du corps à l'altitude extrême est un processus complexe et individuel. L'acclimatation progressive est essentielle. Le corps tente de compenser l'hypoxie en augmentant la fréquence cardiaque et la respiration, mais cette adaptation n'est pas toujours suffisante. Le mal aigu des montagnes (MAM) peut survenir, se manifestant par des maux de tête, des nausées, des vomissements, de la fatigue et des troubles du sommeil. L'utilisation d'oxygène supplémentaire peut atténuer les symptômes, mais elle ne remplace pas une acclimatation progressive et une surveillance attentive. Une descente immédiate est indispensable en cas de symptômes graves.
Le temps d'acclimatation varie d’un individu à l’autre, et certains alpinistes peuvent être plus sensibles au MAM que d'autres. L’écoute attentive de son corps et la prise de décision de descendre sont essentielles pour la sécurité.
- Environ 25% des alpinistes développent des symptômes de MAM à des altitudes supérieures à 3000 mètres.
- Une ascension trop rapide augmente considérablement le risque de MAM.
Le Camp 2 de l'Everest, avec ses conditions extrêmes et ses dangers multiples, représente un défi majeur pour les alpinistes. Une préparation rigoureuse, une logistique impeccable, et une conscience aiguë des risques sont impératives pour toute tentative d'ascension réussie. La connaissance du terrain, la gestion de l'altitude et le respect de son corps sont les clés de la survie et du succès.